Covid-19 : des anticorps chez seulement un quart des habitants d’un foyer épidémique français

Une étude publiée mercredi par l’Institut Pasteur et réalisée dans un lycée d’un foyer épidémique de l’Oise révèle que seulement 26 % des individus ont été infectés par le nouveau coronavirus et possèdent des anticorps.

Le chemin vers l’immunité collective s’annonce long. Une étude épidémiologique publiée mercredi 22 avril par l’Institut Pasteur et réalisée dans un lycée à Crépy-en-Valois dans l’Oise, au sein d’un des épicentres de l’épidémie de Covid-19 en France, révèle que 26 % des enseignants, lycéens et leur famille ont été infectés et possèdent des anticorps contre le virus.

Un niveau totalement insuffisant pour justifier le moindre relâchement, selon les chercheurs. Dans le détail, 41 % des lycéens, enseignants et personnels travaillant dans ce lycée ont été infectés par le nouveau coronavirus lors d’une épidémie en février-mars, selon cette étude réalisée à l’aide de tests de détection d’anticorps. Mais seulement 11 % des proches des lycéens (parents et fratrie) présentaient des anticorps contre le Sars-CoV-2.

« Pas de certitude »

C’est loin des 60 % à 70 % espérés dans la population générale pour avoir une immunité de groupe suffisante pour stopper l’épidémie, sous réserve que les anticorps soient réellement protecteurs contre le coronavirus et que cette immunité perdure au moins plusieurs mois.

« Nous n’avons pas de certitude sur le caractère protecteur des anticorps », souligne le Pr Arnaud Fontanet, premier auteur de l’étude et responsable de l’unité Épidémiologie des maladies émergentes à l’Institut Pasteur à Paris.

Dans le cas de l’épidémie de Sras née en Chine au début des années 2000, des études avaient rapporté que 10 % des patients n’avaient plus d’anticorps au bout de 12 mois.

« Effets positifs » du confinement

Les résultats de cette étude suggèrent que l’immunité collective ne s’établira pas rapidement. D’autant que « d’autres régions de France sont quasiment indemnes » de contact avec ce virus, ajoute le chercheur.

Il constate cependant « les effets positifs du confinement sur le ralentissement de l’épidémie : les vacances scolaires de février et le confinement dans l’Oise (intervenu le 1er mars, avant son extension au pays le 17 mars) ont fait diminuer fortement la circulation du virus dans les semaines qui ont suivi ».

L’étude, mise en ligne sur le site de MedRxiv, a été réalisée du 30 mars au 3 avril dans un lycée de Crépy-en-Valois (Oise) lié à un foyer de cas d’infection (« cluster »).

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